INTERVIEW : Avec Kool Shen, laisse pas trainer tes chips !
Nous avons été fiers d’interroger Kool Shen lors de la Grande Finale du WiPT 2026, pour un moment rare, à la croisée du poker, des émotions et de l’humain.

“Monter un stack, c’est facile. Le garder, c’est une autre histoire.”
LivePoker : Kool Shen, on va commencer simplement… gros Day 1 pour toi. Un stack énorme, top 5 du field. Ce n’est pas tous les jours…
Kool Shen : Non, clairement pas. Ce genre de journée, c’est rare. D’habitude, je suis plus dans le combat que dans la domination.
LivePoker : Justement, c’est ce qui ressort quand on te suit depuis des années : tu es un joueur besogneux, un travailleur de l’ombre. Quand tout déroule comme hier, c’est une sensation différente ?
Kool Shen : Oui, mais ce n’est pas mon jeu naturel. Moi, je suis habitué à galérer, à construire petit à petit. Monter un énorme stack, ce n’est pas ce que je fais le plus souvent.
LivePoker : Tu observes aussi ce profil de joueurs capables d’accumuler des jetons très vite…
Kool Shen : Oui, certains ont cette capacité. Ils prennent des risques, ils jouent plus agressif. Forcément, quand ça passe, ils montent des stacks énormes… mais quand ça casse, ça casse vite aussi.
LivePoker : Et toi, ça t’interroge ?
Kool Shen : Bien sûr. Tu te demandes toujours : qu’est-ce que je peux ajuster pour aller chercher ça ? Même si ça implique de bust plus tôt parfois.
LivePoker : Mais au fond, ce genre de Day 1, ça reste un plaisir particulier ?
Kool Shen : Oui, c’est agréable. Mais il faut relativiser : la structure est rapide. Tu peux être top 5 et retomber très vite. Deux coups et tout change.
“La vérité du poker, ce n’est pas quand tu gagnes… c’est quand tu refuses de mourir.”
LivePoker : On a aussi l’impression que tu prends presque du plaisir dans la difficulté…
Kool Shen : C’est vrai. J’ai longtemps été dans la souffrance. Mais aujourd’hui, je préfère clairement être dans une position confortable comme celle-là.
LivePoker : Tu racontais une perf à Marrakech, où tu fais table finale avec un tout petit stack…
Kool Shen : Oui. Je suis tombé très bas très tôt… et j’ai survécu deux jours avec entre 10 et 20 blindes. Ça, c’est valorisant. Parce que tu sais que tu joues juste, que tu prends les bonnes décisions.
LivePoker : Donc au final, monter un gros stack ou survivre dans la difficulté… ce n’est pas la même satisfaction ?
Kool Shen : Exactement. Monter un stack, parfois, c’est juste trois coups favorables. Survivre, c’est autre chose. C’est du jeu pur.
“Le vrai progrès, ce n’est pas le jeu… c’est le temps que tu mets à encaisser.”
LivePoker : On sent aussi une évolution mentale chez toi avec les années…
Kool Shen : Énorme. Avant, un bad beat pouvait me hanter pendant des jours. Aujourd’hui, l’acceptation est beaucoup plus rapide. C’est indispensable pour durer.
LivePoker : C’est le joueur qui a évolué ou l’homme ?
Kool Shen : Les deux. Tu comprends que certaines réactions te desservent. Si tu veux bien jouer, tu dois te maîtriser.
“Au poker, tout le monde parle de stratégie. Les grands, eux, parlent d’instinct.”
LivePoker : On termine avec une question simple… mais essentielle. Si tu devais choisir : bracelet WSOP, EPT, Winamax… ?
Kool Shen : Un bracelet. Sans hésiter. Et si possible celui du Main Event.
LivePoker : Et ta manière de jouer pour aller le chercher ?
Kool Shen : Je reste fidèle à moi-même. À l’instinct. Je n’ai pas changé radicalement mon jeu… mais je sais que ça peut suffire.
LivePoker : Un dernier mot sur ce qui fait la différence au plus haut niveau ?
Kool Shen : L’adaptation. Peu importe qui tu affrontes, si tu sais t’adapter, tu peux exister.













