INTERVIEW : Entretien avec Nicolas Duvauchelle, le grinder Mody
Interviewer Nicolas Duvauchelle, c'est échanger avec un acteur passionné par le jeu, dans la vie comme au poker, finalement c'est interviewer autrement.

Il y a des rôles qui s’écrivent. D’autres qui se vivent. Cette semaine, Nicolas Duvauchelle a quitté les plateaux pour un décor sans scénario : une table de poker en direct du Pasino Grand d’Aix-en-Provence dans le costume d'un WIP !
Faire danser les cartes où valser avec les "papillons noirs", Duvauchelle se donne les moyens
Nicolas Duvauchelle a adoré partager et échanger avec le Team Pro Winamax, Julien Sitbon
Alors ne voyez pas dans ce titre quelque chose d’irrespectueux ou de sombre. Il s’agit simplement d’une référence à l’un des rôles les plus marquants de sa carrière dans la série « Les Papillons noirs ». Un clin d’œil assumé. Et presque une évidence : son personnage de Mody autorisait ce jeu de mots, capable de faire naître chez vous une forme de trouble, de questionnement. De quoi rendre, l’espace d’un instant, le poker plus humain, presque philosophique. À l’image de l’homme qui nous fait face : brut, sincère, sans artifices.
Ici, pas de texte. Pas de seconde prise. Pas de montage. Seulement des décisions. Irréversibles. Au milieu des réguliers du circuit et de cette Grande Finale du WiPT 2026 organisé par la célèbre room online Winamax, l’acteur avance sans masque. Il parle d’“anti-héros”. Le mot est juste. Non pas par faiblesse, mais parce qu’il accepte de ne pas maîtriser. D’apprendre. De douter. De se confronter.
Le premier acte aurait pu virer au scénario parfait. Battle Royale. Dix joueurs restants. Les caméras s’allument. La tension s’étire. Une table finale à portée de main. Puis la sortie. Dixième. Brutale. Le genre de scène où tout s’arrête une fraction de seconde trop tôt. Pourtant on sent un homme satisfait et lors de notre échange il répète comme il aimerait reconnaitre le plaisir de faire ITM à nouveau, tout simplement.
Mais le poker, comme le cinéma, ne s’écrit jamais en ligne droite. Dans un satellite, une main banale devient un point de bascule : KQ contre KJ, flop favorable… puis cette carte, à la river, qui renverse tout. Une seule. Ici, il n’y a pas de justice dramatique. Seulement le réel.
"On ne se rend pas compte de cette tension, de l'énergie que cela demande"
Ce qui frappe chez Nicolas Duvauchelle, ce n’est pas la frustration. C’est la manière de l’absorber. Il observe. Il écoute. Il apprend. Son statut d’artiste et d’acteur qui lui colle à la peau, lui donne cet avantage que n’ont peut-être pas les autres, il observe sans cesse, se nourrit de ce que dégage ses adversaires, de ce qu’ils sont sans le savoir eux-mêmes parfois.
À table, il croise Julien Sitbon. Une rencontre. Une vraie. Regarder jouer, comprendre sans parler, percevoir ce que les autres ne montrent pas. Nicolas nous avouera qu’il aura énormément apprécié échanger avec le Team Pro Winamax, avouant que c’est de grands champions qu’on apprend le plus. En rentrant dans sa chambre Nicolas aura repensé à des coups joués contre Julien, ou non, une sorte d’analyse inspirée par ce moment de partage, évoluer pour mieux maitriser le jeu, un peu comme la vision qu’à Nicolas Duvauchelle de son métier finalement.
Au poker, les meilleurs sont des acteurs immobiles. Impassibles. Là où lui vient du mouvement, de l’émotion, de l’exposition. Renversement total des codes.
"Focus sur le jeu, je ne m'occupais pas des caméras, la sensation d'être intégré à cet univers"
Et puis il y a la fatigue. Silencieuse. Continue. Deux journées de douze heures. Rester assis. Observer. Attendre. Encaisser. Le corps lâche avant le mental. Ou l’inverse. “On ne se rend pas compte”, dit-il. Ici, il n’y a pas de glamour. Pas de lumière flatteuse. Seulement la tension. Et le temps. Et pourtant, il reste. Là où beaucoup passeraient, joueraient, repartiraient, lui s’installe. Il rejoue. Encore. Pas pour prouver. Pas pour gagner à tout prix. Mais pour être dedans.
Le live s’impose : le bruit des jetons, les regards, les silences entre deux coups, le lien. “Une bonne table, c’est essentiel.” Ce qu’il cherche n’est pas un trophée. Pas encore. Peut-être jamais. Ce qu’il cherche, c’est le moment juste. Celui où tout s’aligne. Ou pas.
À l’approche du Monster Stack — nous l’avons rencontré quelques heures avant ce tournoi — rien ne change vraiment. Pas de revanche. Pas de promesse. Juste une continuité. Dans ce jeu, comme dans le cinéma, il y a ceux qui jouent pour gagner. Et ceux qui jouent pour ressentir. Parfois, les deux se croisent. Souvent, non.
Mais ce sont ces trajectoires-là — incertaines, imparfaites — qui racontent les plus belles histoires. Celle de Nicolas Duvauchelle en fait partie. Une immersion sincère dans un univers auquel il choisit d’appartenir, presque comme un vieux briscard du jeu, animé par une seule chose : ressentir. Ressentir chaque instant, chaque décision, chaque frisson… et continuer à rêver de jetons et de victoires.












