NutsR : Rencontre avec Romain Nussmann créateur de l'aventure


NutsR : Rencontre avec Romain Nussmann créateur de l'aventure

Quand on pense à  NutsR on pense à  un centre de formation de poker. Mais derrière toute cette aventure, il y a un destin, celui d'un homme au passé et au présent riches en aventures et en émotions, l'histoire de Romain Nussmann by LivePoker


Après une discussion très instructive et passionnante avec le "serial performer" Romain Nussmann, qui ces derniers mois à réaliser performance sur performance, nous souhaitions vous présenter le "personnage" et la personnalité de ce joueur de très grand talent autrement et pas uniquement qu'à travers le poker. Rendez-vous en "terres inconnues" ou plutôt avec ce joueur que finalement vous ne connaissez qu'à travers les centaines de milliers de dollars qu'il a pu remporter, mais il est bien plus que ça !
 
 
"1mSoWeaK", bien plus qu'une personnnalité, une vision au delà des possibles !
 
 

 
 
1. Romain avant de devenir le grinder de talent que tu es devenu, tu as connu des moment difficile dans ta vie, jusqu'à ne plus rien avoir et de te retrouver sans "toit" au dessus de ta tête. Comment as-tu vécu cette situation qui fait qu'aujourd'hui le mental est un de tes premiers atout ?
 
C'est assez commun, un simple divorce après 7ans avec mon ex-femme à l'âge de 28ans. J'ai tout perdu, le peu que j'avais, mais en partant avec un objectif, un rêve, celui de reprendre ma carrière de joueur de poker que j'avais arrêtée en 2010 pour prioriser ma vie de couple.
 
La véritable difficulté est de surmonter l'échec d'un mariage. Un élément que j'ai trouvé difficile, c'est que comme la grande majorité de notre entourage social s'est construit en couple, je me suis retrouvé quasi seul. Se sentir rejeté, abandonné, coupable de vivre cette situation, sont des émotions qui sont très douloureuses mais que très grand nombre d'entre nous connaissent. Les biens matériels sont futiles à côté de la douleur profonde qu'on ressent en nous. Je n'en avais donc rien à faire de me retrouver sans logement et avec quelques milliers d'euros en poche et sans emploi. 
 
 
2. Comment as-tu remonté la pente et quels sont les moyens que tu as utilisé pour à "sortir la tête de l'eau" ? Est-ce le poker ou les autres éléments de la vie ?
 
J'ai eu la chance d'avoir quelques amis incroyables et ma maman qui m'ont permis de faire des étapes chez eux pour pouvoir me loger. Je jonglais entre différentes maisons, et parfois je prenais un AirBnB quand ce n'était pas possible. J'ai ainsi pu réduire fortement mes charges sans quoi le niveau de difficulté aurait été beaucoup plus dur qu'il ne l'a été.
 
La clé de ma réussite est simple. J'ai toujours cru en moi. J'ai en moi une croyance stimulante indestructible qui m'accompagne depuis mes 14 ans. Je suis convaincu que je vais réussir tout ce que je vais décider de réaliser. Je me suis donc investi à 100% dans le poker pour reconstruire un capital et faire une grande carrière de joueur pro de poker. Le fait de savoir que j'allais tenter de réaliser mon rêve de gagner un maximum de titres de poker possible m'a beaucoup galvanisé. Une autre source d'énergie dans laquelle je le retrouve est encore plus profonde : montrer au maximum de personnes possibles que quand on veut, on peut y arriver. Cela me vient de la société et notre éducation si lamentable qui m'a blessé au point de me créer un désir extrême de vouloir tout faire pour changer le système, stopper l'hémmoragie de tous les jeunes qui comme moi se sont fait détruire intérieurement par un système éducatif défaillant. 
 
 

 
 
3. A partir de quand le poker est rentré dans ta vie et de quel manière ? 
 
Le poker arrive dans ma vie en 2006, durant une competition internationale d'Esport où j'ai découvert les règles en jouant avec d'autres joueurs d'Esport. A l'époque, l'Esport était difficilement viable professionnellement et je souhaitais trouver un métier où je m'amusais. Le poker était en plein boom à ce moment là. J'ai donc changé de passion pour chercher dès le début à vivre d'un jeu afin de travailler en m'amusant. J'ai tout de suite voulu être pro. Dès que j'avais du temps libre, je faisais du poker ou regardais tous les contenus possibles existants sur le sujet. J'ai été pro l'année suivante puis j'ai arrêté en 2010 car cela m'était impossible de continuer avec mon couple.
 
4. Quels ont été les moyens pour réussir à devenir très performant au poker ?
 
Ma performance prend pour origine mon mental dont mon état d'esprit. Et c'est pour cela que si peu de joueurs sont performants, puisque la communauté de poker sous estime très fortement le mental. Il y a un second point fondamental dans l'atteinte de mon niveau de performance, c'est le fait d'avoir compris et maîtrisé comment fonctionne l'apprentissage de compétences. Cela passe par la stratégie de fractionner l'ensemble des compétences d'une activité et les traiter séparement afin de les maîtriser à fond. Ce qui est complètement logique et qui est pratiqué dans le sport. Tu n'enchaînes pas les matchs de foot pour apprendre le foot. Tu t'entraînes sur des thématiques spécifiques et les répètes à l'infini. C'est logique mais je ne connais aujourd'hui personne d'autre qui s'entraîne comme je le fais à chaque instant. Plus important encore, l'apprentissage passe par une étape vitale, la pratique. Pas la pratique de faire des sessions de poker, mais la pratique de s'entraîner. Je connais très peu de joueurs de poker francais qui s'entraînent, et encore moins qui s'entraînent efficacement. Je pense que l'une des raisons à cela est le fait que les gens pensent qu'acquérir une compétence s'obtient au travers de l'achat de contenus, tel que des vidéos et masterclass. Si l'acquisition de compétences valait 249 €, ou 997 €, ou n'importe quel prix même, cela signifierait que la valeur de ces compétences est relativement faible. Il suffit de comparer avec des compétences sur le marché. Un médecin aux Etats-Unis, gagne plus d'un million de dollars annuellement, un joueur de foot professionnel, beaucoup plus... Par contre, un diplômé chez Coursera ou chez Openclassroom, c'est sûr que c'est pas cher. Les gens se trompent de problèmatique. Ils réfléchissent à savoir si c'est financièrement rentable au lieu de se demander si cela répond à leurs objectifs, à leurs besoins.
 
5. Quel est ton rapport à l'argent ? Posséder beaucoup d'argent, finalement est-ce pour toi une fin en soi ?
 
L'argent est pour moi un moyen, un outil pour réaliser mes objectifs. C'est comme un score me permettant de passer au niveau supérieur. Mon bien matériel le plus cher est mon pc. Depuis toujours, ma gestion financière se divise en deux parties : la première pour mes dépenses de vie qui représente 30/35% et l'autre partie 65/70% allouée à mon apprentissage et acquisitions de compétences. Ca représente cette année autour de 40 000 euros principalement pour rémunérer mes coaches et formations. En effet, on est très loin des montants investis par les francais moyens dans leur éducation et apprentissage. L'état d'esprit de la grande majortié des gens est plutôt d'investir dans des entreprises, des voitures ou des maisons avec comme argument le souhait de transmettre un héritage à la famille.
 
Ce qui est clairement un biais cognitif très handicapant. Beaucoup viennent se moquer et critiquer mes avis sûrement parce que ma manière de penser est particulière. Chacun a le droit d'avoir sa propre opinion et je respecte leur opinion. J'estime la valeur d'apporter comme héritage à ma famille les compétences que j'ai acquise et qui m'ont permis d'atteindre l'épanouissement est essentielle, le bonheur intellectuel comme bien plus capital que leur transmettre un quelconque bien matériel. J'investis mon argent pour acquérir des compétences et les transmettre et j'investis mon argent pour prendre le temps de vivre un maximum de moments de partage avec ma famille. Il y a notamment un trait de ma personnalité fondamental qui vient de mon éducation avec mon père. Il m'a transmit une partie de mon état d'esprit d'aujourd'hui. Cet héritage là m'accompagne au quotidien, et fait ce que je suis aujourd'hui. Je ne pourrai jamais en dire autant pour une maison ou une somme financière héritée.
 
 

 
 
6. L'importance de la famille, est-ce un socle important et essentiel pour toi ?
 
C'est ce pourquoi je veux réussir. La famille est ma valeur numéro une. Je me rappelle encore avoir la photo de l'échographie de mon fils juste a côté de mon écran quand j'ai remporté le Winamax Series en 2019 pour 170 000 €. J'essaie d'inspirer ma famille pour les aider à s'épanouir encore plus. Et rien de mieux pour cela que de montrer l'exemple. Ca m'amène à tout donner en tant que performeur.
 
7. Quand est  née l'idée de NutsR ? Comment as-tu fait pour la développer et réunir les moyens pour pouvoir y arriver ? Qui sont les autres membres de ton entourage ou outils qui t'ont permis la réussite de cette aventure ?
 
NutsR s'est construit sur la volonté de proposer la solution la plus efficace pour tout joueur de poker voulant faire carrière avec une aventure humaine unique et incroyable. Le concept d'équipe est un élément central dans notre vision. Et le plus important est la création d'un environnement optimal. Avoir mis en place ce centre d'entrainement de haut niveau est une obligation pour nous si nous souhaitons transformer des joueurs standard en de très grands joueurs. Nous avons pensé notre système de manière à ce que quelque soit le niveau du joueur, il puisse rejoindre le team NutsR et y rester autant qu'il le souhaite. Un amateur peut ainsi se former pour passer pro. Le pro cherchera dans un premier temps à devenir le plus fort possible pour ensuite avoir le niveau de faire le circuit live international. Faire le circuit live en participant aux événements majeurs, c'est un budget de 150 000 €. Si tu veux le faire avec une bonne gestion financière, tu as besoin d'un capital assez profond de plus d'un million, chose que la quasi totalité des joueurs n'ont pas. Avant il n'y avait que le sponsoring pour un joueur pro de pouvoir avoir un projet de live sérieux. Aujourd'hui, NutsR offre à tous ses joueurs du team la possibilité de faire les plus beaux tournois du monde.
 
On a démarré tout petit, avec seulement quelques joueurs début 2019, pour avoir le temps de structurer le projet NutsR. On a vraiment démarré en été 2019 avec la privatisation d'un hôtel complet de 1500m² comprenant 40 chambres. Etant donné l'ambition de notre projet, on a levé des fonds pour nous lancer. On a besoin d'un fond de roulement assez profond à partir du moment où tu souhaites staker des joueurs. C'était déjà une grande fierté d'avoir réussi à lever des fonds, puisque seulement 1% des entreprises parviennent à le faire. Aujourd'hui NutsR compte 36 personnes entre le staff et les joueurs. La gestion humaine, le management, demande énormément de temps et de ressources financières. C'est notre plus grande mission et notre plus grande difficulté. C'est aussi la raison pour laquelle les autres structures ne fonctionnent pas. Créer un environnement commun est fondamental pour construire une équipe soudée et forte.
 
 

 
 
8. Quelles sont les missions, les objectifs, les points cruciaux que veut respecter NutsR ?
 
1. Etre la structure de coaching numéro 1 au monde.
2. Etre l'équipe de joueurs de poker numéro 1 au monde.
3. Accompagner un maximum de joueurs de poker au tout début de leur carrière jusqu'à devenir. millionnaire
4. Inspirer le maximum de personnes à s'investir dans la réalisation de leurs rêves.
5. Faire prendre conscience au maximum de personnes l'importance du mental dans le poker mais surtout dans la vie quelque soit notre projet professionnel.
 
9. Comment vis-tu les critiques et dénigrement des gens ? Est-ce d'être aimé pour toi (par l'univers du poker en général) ? 
 
C'est probablement ce qui m'importe le plus, d'être aimé, mais seulement par les personnes qui comptent pour moi. Je ne cherche pas à ce que quelqu'un que je ne connais pas m'aime. J'ai beaucoup d'amour pour moi même. Je suis très fier de ce que j'accomplie chaque jour. Je n'éprouve donc pas le besoin d'être aimé par un maximum de personnes. L'enjeu d'aimer les idées, les valeurs, les réflexions qui m'ont été partagées et que je partage à mon tour est beaucoup plus important. Aimer des valeurs évoquées par quelqu'un est très différent d'aimer l'individu. Et aimer des partages ne signifie pas obligatoirement y adhérer. Un exemple, j'aime beaucoup les réflexions du Professeur Raoult mais beaucoup moins le personnage.
 
Il n'y a qu'une seule chose qui m'intéresse c'est le pourquoi des critiques, quelles soient positives ou negatives. C'est comme la solution d'un problème, je n'apporte pas d'importance à la solution, uniquement au chemin parcouru qui amène à la solution. Je pense que c'est avant tout important de chercher à comprendre les gens, d'être empathique, ce qui est extrêmement rare. Quand une personne trouve quelqu'un différent, elle ne le comprend pas. Par exemple, après mon titre de champion du monde, j'ai eu de nombreuses critiques sur mon absence à exprimer des émotions car "les gens" n'auraient pas réagit comme je l'ai fait. Au lieu de chercher à comprendre pourquoi, ils se cantonnent à ne pas comprendre, et donc considérent que mes réactions sont mauvaises. J'aime chercher à comprendre le comportement humain, et c'est pour cela que j'adore coacher. Plutôt que de les critiquer en retour, je préfère comprendre les raisons qui les poussent à agir de la sorte. Cela me permet ainsi d'identifier des carences tel qu'un manque d'empathie, de remise en question, et de nombreux biais cognitifs.
Que cela soit pour être performant au poker ou performant dans mes coachings, comprendre le processus de reflexion des personnes avec lesquelles je suis en interaction est vital. Si je comprends pourquoi mon adversaire joue ainsi, alors je vais pouvoir structurer la stratégie parfaite contre lui. De même que j'identifierai bien plus efficacement les difficultés de mes élèves.
 
C'est l'une des plus grosses erreurs des joueurs de poker. Lorsqu'ils identifient un coup mal joué au poker, ils vont le catégoriser comme mauvais car ils estiment que leur facon de jouer est la meilleure. J'ai un grand nombre de critiques de la part de pro de poker estimant que je suis un mauvais joueur. C'est exactement le même schéma de pensée que les gens qui critiquent les joueurs de football, les coachs ou les politiciens alors qu'ils ont des compétences limitées. Leur prisme d'identification des variables et la manière dont ils les traitent manque cruellement de profondeur. Ce qui me passionne, c'est de réussir à comprendre ce qui les amène à être limité pour avoir la plus grande clarté sur la manière dont ils prennent leurs décisions. Lorsque j'y parviens, jouer au poker devient très facile.

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